Quelques éléments marquant (mais la culture du Trièves ne saurait se limiter à ceux-là)

Les traces de l’occupation humaine sur le Trièves remontent à l’époque gallo-romaine avec notamment la découverte du « trésor de Pellafol » : un agriculteur de Pellafol a mis au jour 160 pièces de monnaie de l’époque du règne de Constantin (IVème siècle). Les écrits anciens mentionnent le Trièves comme étant à la croisée de plusieurs voies romaines en direction du Nord par Grenoble et en direction du Sud par Lus-la-Croix-Haute et Gap. Cette dernière, non localisée précisément, devait passer par Châtel-en-Trièves.

 

Guerres de religions

La réforme a été bien accueillie en Trièves et au XVIIème siècle presque tous les habitants étaient convertis à la nouvelle religion. Suite à la révocation de l’Édit de Nantes qui marqua la fin de la tolérance, certains protestants se sont expatrié ; la majorité des protestants resta en pratiquant en secret et en étant soumis à des persécutions qui se sont traduites par des exécutions capitales et des déportations. Il fallu attendre 1787 pour la liberté de culte fut prononcée. Le Trièves, principalement le canton de Mens, est resté très majoritairement protestant même si certaines communes, comme Cordéac, sont plutôt catholiques. Cette dernière commune est issue de la séparation avec Saint-Sébastien, il y a 150 ans, principalement pour des motifs religieux. Depuis le premier janvier 2017, ces deux commune n’en forment à nouveau plus qu’une : Châtel-en-Trièves.

Pour en savoir plus, consultez le site de l’INA.

Sur les pas des Huguenots” est un sentier international de grande randonnée qui travCroix_huguenote_wiki_syryatsu.erse 4 pays, dont la France suivant le tracé historique de l’exil des Huguenots dauphinois vers l’Allemagne et la Suisse après la révocation de l’Edit de Nantes (1685-1690). Ce sentier traverse le Trièves du col de Menée au pont de Cognet : les 4 fiches de randonnées correspondantes sont téléchargeables sur le site.

Ces itinéraires comportent également une variante “route” pour les cyclotouristes (cf le récit d’un cycliste).

 

Une identité culturelle marquée

La vallée du Drac, rivière autrefois difficilement franchissable, a été de fait une frontière linguistique entre les langues occitanes au sud (dont le patois trièvois) et le franco-provençal au nord (à partir du plateau matheysin).

L’architecture est également bien différenciée en Trièves avec des maisons paysannes en pierre, à toiture pentue et imposante, souvent à croupe ou demi-croupe. Le toit est couvert de tuiles écailles et des génoises sont souvent présentes. Ces maisons témoignent des difficultés d’autrefois : point de terrassements importants : les maisons s’adaptent à la pente ; les matériaux sont locaux : bois des forêts environnantes et sables et terres des crépis des terrains proches. Au final ces maisons ont des volumes et des couleurs qui les intègrent parfaitement bien au paysage.

 

Sites inscrits et sites classés : il s’agit de monuments naturels et sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général. Le statut de site classé constitue une protection plus forte que celui de site inscrit.

Le Trièves comporte 6 sites inscrits (les dates sont celles de l’arrêté préfectoral) :

  • le village de Saint-Paul-les-Monestiers et ses abords (le 16/07/1946)
  • le château de Monestier, place et maisons (le 31/07/1947)
  • le village de Saint-Michel-les-Portes et ses abords (le 20/01/1978)
  • le pont de Brion sur l’Ebron et ses abords (le 22/08/1947)
  • la place de la Halle et église de Mens (le 31/07/1947)
  • le Pas de l’Aiguille (le 04/04/1946) et son mémorial de la résistance : une partie inscrite et une partie classée.

 

Les musées

L’Espace Giono à Lalley : le Trièves a été une source d’inspiration pour l’écrivain Jean Giono (1895-1970) qui y a passé régulièrement ces vacances. Le Trièves est une toile de fond pour plusieurs de ses ouvrages (Un roi sans divertissement, Faust au village…).

Le musée du Trièves, place de la Halle à Mens retrace l’histoire culturelle du Trièves et présente des exposition temporaires thématiques (d’avril 2015 à novembre 2016 : “Le fait religieux en Trièves”)

Le musée présente également des artistes locaux comme Edith Berger (1900-1994) : peintre grenobloise installée en Trièves ; amie de Jean Giono. Edith Berger a peint magnifiquement les paysages du Trièves de son temps (voir un aperçu sur ce blog).

La maison du patrimoine à Pellafol est une vitrine de la vie paysanne d’autrefois. Le musée présente également des faits locaux marquants comme la construction du barrage du Sautet il y a 80 ans ou l’accident d’avion de l’Obiou en 1950.

Le musée matheysin à la Mure présente l’histoire et la patrimoine de cette région alpine marquée par l’ancienne activité minière.